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+ A quoi bon les pianos anciens ?

Il se dit aujourd’hui sur le piano ancien tellement de bêtises (j’ai un Steinway ancien avec clavier en ivoire de Mamouth de Sibérie et cordes en boyaux de chien…), de fausses vérités (le piano ancien vaut pas le coup c’est trop vieux, ça ne marche plus, ça joue pas bien, y a plus le bon diapason, c’est pas les mêmes bois…), de critiques en forme de couperets, (à quoi bon restaurer les anciens, les neufs venus de Chine sont bien mieux, se vendent bien et faut que le commerce fonctionne).. que je m’autorise une précision personnelle à ce sujet, qui n’engage que moi. C’est mon avis et je le partage, comme disait l’autre…

Le piano ancien : l’autre monde du piano

Le piano ancien est un autre monde; un monde sans compétition ni comparaison, sans marketing, ni gamme commerciale, donc sans stéréotype.
Chaque piano parle de lui-même, il suffit que l’on pose ses doigts sur son clavier pour l’écouter, avec son coeur, et l’apprécier dans toute sa dimension personnelle, illustre ou modeste.

La sonorité des pianos anciens, celle que précisément nous apprécions aujourd’hui, ce charme indéfinissable qui nous émeut, acquis avec le vieillissement, ne trouve aucune comparaison avec la production actuelle de l’industrie du piano neuf, ou alors dans le très haut de gamme parfaitement inabordable pour le commun des mortels.

Chaque piano ancien possède une personnalité unique, calme ou tempétueuse, ample et profonde, claire ou colorée, douce parfois criarde, ronde et chaleureuse. Magique, il exprime sa puissance plus qu’il ne la crache.
Ces instruments, véritables patrimoines familiaux et musicaux, possèdent une âme, vivante et instable, destinée à être partagée.

C’est bien pour cela que le monde du piano ancien se perpétue par l’amour de quelques passionnés, mélomanes, musiciens amateurs, particuliers et esthètes qui préfèrent la douceur pour exprimer des émotions, une riche palette d’harmoniques vivantes et colorées pour interpréter la complexité des sentiments humains, imparfaits, comme l’instrument lui-même…Et c’est tant mieux.

Pour certains, seule la modernité est à prendre en compte. Pour d’autres, comme moi, il y a ce qui a été et qui est toujours présent, utile et appréciable: les vieux pianos, les vieux grééments, les vieilles maisons, les vieux meubles, les vieux tableaux, les vieux objets, les vieilles voitures… et, aussi, les nouvelles technologies.

Alors, démocratiquement, laissons une place à chacun.

Sylvie Fouanon

Commentaires et critiques bienvenus…
Mais comme disait encore un autre : la critique est aisée mais l’art est difficile !

9 commentaires »

  1. absolument ok avec ce post. j’ai un 1/4 bluthner 1916 et un droit pleyel n°9. de vraies merveilles expressives et d’une clarté incroyable. j’ai falli acheter un yahama U3. meme si il y a des fausses vibrations dans les cordes aigues du pleyel mais ca fait partie du charme et ca ne me deplait pas. bravo pour votre site, je continue ma lecture. bonne continuation .fred

    Comment par acatzinco — 14 décembre 2008 @ 01:09

  2. quelle belle déclaration!Je suis à la recherche de passionnée de pianos anciens qui souhaiterais acquérir un F.Stichel Liepzig de 1897 en parfait état. Tout en ronce de noyer et orné de bougeoir en bronze l’âme de son époque revit à travers ces notes mélodieuses. Devant déménager dans un appartement je dois m’en séparer à regret et je désirerais qu’il continue de jouer grâce a des mains passionnées. Vous pouvez me contacter à emeline.macret@hotmail.fr

    Comment par Emeline — 15 janvier 2009 @ 17:45

  3. Bonjour,
    Je suis vraiment d’accord avec ces propos et je trouve ce site très courageux, cependant que faire d’un piano auquel on tient lorsqu’on a plus la place ? J’ai un piano Erard de 1895, cadre mi bois mi métallique, bois de palissandre, touches en ivoire, il a été restauré il y a une dizaine d’années maintenant mais je ne m’en sers plus, faute de place, faute de voisins musiciens aussi. Pourtant sa sonorité ronronnante était particulièrement agréable, quand au toucher… Je cherche quoi en faire, sans pour cela qu’il finisse désossé et rien, je ne trouve rien. Quelqu’un ici a t il une réponse ?

    Comment par Ava — 19 janvier 2009 @ 16:04

  4. Je ne suis pas aussi douée pour faire une telle déclaration d’ amour à tous ces témoins du passé que sont les objets et autres antiquités et, plus particulièrement, ces superbes pianos à queue ou droits qui nous restituent si bien l’ âme de ceux qui nous ont quittés… Mais, je me range derrière vos mots, sans hésiter. Je suis d’ autant plus sensible à cette prise de parti que je suis en train de braver les arguments bassement matérialistes , pour ne pas dire pécuniaires, de mon mari qui s’ oppose à la restauration de mon demi-queue Erard de 1903. Le devis est élevé, certes, mais ne m’ a-t-on pas assuré que l’ instrument retrouverait à la fois sa musicalité et son lustre! Alors, je suis bien décidée à casser ma tire-lire pour lui redonner une nouvelle jeunesse. Et le jour où, moi aussi, je manquerai de place, j’ en ferai don à un amoureux des pianos anciens. Cela doit bien se trouver… la preuve!
    Amitiés.

    Comment par Jocelyne — 22 février 2009 @ 13:45

    • Bonjour à tous,
      Lire ces lignes que vous avez bien voulu partager me fait un grand bien…
      Tout comme Jocelyne, j’ai un Erard qui date, pour ma part, de 1915 et dont j’ai hérité de mon grand-père organiste. Il a été entièrement restauré en 1997 et j’ai la chance de pouvoir vibrer au son de ses notes chaudes et feutrées. Je connais très bien mon piano et commence à avoir un niveau très intéressant, sans pour autant être une professionnelle.
      Néanmoins, je ressens les limites de mon “bijou” car, quand je passe de mon piano à celui de mon professeur ( ou d’autres personnes), je n’arrive pas à bien jouer ! Je joue de manière très dure (car mon piano est très feutré) et je n’arrive donc plus à bien évoluer dans l’apprentissage de mes nuances. Quand je ne suis pas sur mon piano, je me trouve nulle; et sur mon piano, je n’apprends pas à bien faire mes nuances…
      Je réfléchis donc à mettre une mécanique moderne sur mon piano ancien (ce qui n’est pas très raisonnable mais me permettrait de garder cet instrument dont je ne veux pas me séparer et évoluer musicalement).
      Je tente aussi de convaincre mon mari qui avance des arguments plus financiers et de bon sens en soi…
      J’espère que la longueur de mon message ne vous a pas découragés et que vous allez pouvoir me faire partager vos expériences ou remarques…

      Comment par Dorothée — 7 juin 2009 @ 08:48

  5. Bonjour et félicitations pour cette initiative ; je suis un inconditionnel des claviers et j’ai depuis quelques semaines dans ma salle à manger !! un grand Erard de concert de 1888 qui mesure environ 2M48 .Mais il n’y a plus de place pour une table …Mais quand on aime on ne compte pas ;dommage que je ne sois pas un vrai pianiste mais la sonorité des claviers m’a toujours envouté ; alors je restaure , je décoince et je règle ces vieux témoins du passé . Mon grand droit Pleyel est de la même époque , mais quelle puissance et quel volume sonore .
    Le Karl Lange qui est plus récent , est un grand droit à cadre métal , très puissant lorsqu’il entame ” la java bleue “!!!les réglages sont très amusants et le résultat me satisfait ; encore bravo à vous tous

    Comment par Jean-Jacques — 9 mars 2009 @ 12:16

  6. à propos des défenses de mammouth en guise de placage pour les touches…je n’ai jamais compris si c’est un gag ou quoi. Sur le site de Pleyel, rayon piano à queue, ils décrivent l’instrument et disent (je copie/colle) ” Le clavier en épicéa est recouvert d’un placage en défenses de mammouth au toucher subtil et soyeux comparable à celui de l’ivoire.”
    voilà le lien : http://www.pleyel.fr/p280-noir.php

    Où est l’élevage de mammouths-pleyel ?

    Comment par juliette Retel — 21 mars 2009 @ 13:21

  7. Bonsoir à vous tous ; continuez à faire briller la flamme qui est en vous et que seul un instrument ancien est capable d’alimenter .
    Quel plaisir mais aussi quel honneur , oui le mot n’est pas trop fort ,de poser ses doigts sur un clavier qui a connu Gabriel Fauré !!!
    Je travaille en ce moment et c’est bien un dur labeur , le premier prélude en Do Maj du clavier bien tempéré ; ces lignes s’adressent aussi à celle qui m’a “confié” avec tristesse , cet Erard de 1888 ,et je m’efforce de mériter sa confiance …Le “vieux monsieur” va bien maintenant et toutes ses touches sont libérées ; sa robe a retrouvée un peu de son lustre et un accordage très soigneux est prévu dans les prochains jours . Puisse-t-il vivre longtemps encore entouré des soins les plus attentifs !!! J.J.G

    Comment par Jean-Jacques — 4 avril 2009 @ 19:14

  8. Bonsoir
    Enfin des personnes qui me comprennent ! Je recherche actuellement un piano ancien, petit 1/4 queue (pour raison de place). Evidement je recherche un piano avec un son qui me convient mais aussi un superbe meuble. J’avoue avoir du mal à trouver mais je ne me décourage pas. Beaucoup me conseille d’acheter un piano neuf mais cela n’ai pas possible pour moi, je préfére un piano ancien qui a vécu qui a une âme .
    Pour moi un piano ancien est bien plus qu’un simple piano. Merci de vos témoignage je me sens moins seule car parfois à entendre les autres je n’ai que du rêve.
    Amicalement

    Comment par bernard sonia — 5 décembre 2009 @ 22:41


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